Le chien a des choses à dire , Jean-Marc Agrati

Jean-Marc Agrati est un auteur français de nouvelles et de poèmes. Initialement publié en 2004 par les éditions Hermaphrodite, Le chien a des choses à dire est réédité par Dystopia et rentre ainsi dans le catalogue de l’association au côté de L’apocalypse des homards.

« On foutait que dalle, on attendait, mais on attendait rien. On n’avait pas l’énergie d’emmerder qui que ce soit, quand un mec est passé en nous disant :
– Merde, les gars, vous foutez que dalle, Venez chez moi. »

Voilà, comment commence ce recueil atypique. 24 textes souvent très courts dans lesquels les lecteurs croiseront entre autres : le gardien d’une morgue qui aime bien se payer une tranche de ses clients, un chirurgien esthétique très particulier, le flingue de Judge Dread, ou encore, une mite qui fait de la philo. Et des chiens. Des chiens bourreaux, des chiens victimes. Des chiens témoins de la folie du monde. Quand Jean-Marc Agrati s’empare de la littérature, il mélange dans son shaker tout les styles ( polar, blanche, science-fiction, fantastique ) et donne à lire un cocktail surréaliste assez explosif à base de sang et de sperme. Souvent drôles, parfois inquiétantes voire dérangeantes, elles nouvelles de ce recueil ne plairont pas à tout le monde, car des textes aussi borderline ne peuvent pas laisser indifférents et sont forcément clivants. On n’aime ou pas. Pour ma part, j’ai accroché dès le début. J’ai aimé le style très direct, l’effet réel des dialogues, et ces anti-héros déviants, faibles ou lâches. Jean-Marc Agrati se glisse dans les failles de l’humanité à la lisère de la folie où le grotesque devient la norme, ça bouscule, ça questionne et ça secoue. Alors, si vous aimez la littérature inclassable, les histoires bizarres, vous risquez de prendre un pied terrible avec ce livre. Mais attention, à mon avis, Le chien a des choses à dire n’est pas un recueil qui se lit avec parcimonie. Il faut pour en prendre la pleine puissance s’envoyer les nouvelles les unes après les autres comme des shots d’alcool fort. Un livre qui se consomme avec excès, à ranger entre Les contes de la folie ordinaire de Bukowksi et A l’estomac de Chuck Palahniuk.

« Un reste de rire mécanique a réveillé la douleur dans mon ventre, sans que je puisse le réprimer. Il s’aggravait d’autant plus que toute la compagnie repoussante tressautait au rythme de mes spasmes. Mais l’absurdité, l’écœurement, la solitude et la soif se sont combinés à nouveau. »

Bonne lecture.

Le chien a des choses à dire, Jean-Marc Agrati, Ed Dystopia, 352 pages, janvier 2021.

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