Colonies, Laurent Genefort

J’attendais avec impatience et curiosité ce recueil de nouvelles de Laurent Genefort, un auteur que j’apprécie pour ses univers de space opéra développés et complexes. La question était de savoir si l’auteur de Omale, Les chants de Felya et de la trilogie Spire, pouvait réussir à nous embarquer de la même manière avec la forme reine de la SF. La réponse est incontestablement, oui.

Colonies se compose de dix textes : cinq colonies planétaires et cinq colonies spatiales que l’on découvre l’une après l’autre, comme si, à l’instar de la diaspora humaine disséminée dans l’espace on empruntait les Portes de Vangk ; ce réseau de trou de vers extra-terrestre laissé à disposition de l’humanité qui relie de nombreux mondes créés par Laurent Genefort.

Ainsi donc on passe d’une planète opulente où un collectionneur d’art décide de devenir lui-même une œuvre en prenant la forme d’un artefact extra-terrestre (Le lot n°97) à un agromonde où les cultures intensives de la colonie humaine détruisent la biosphère (Le dernier Salinkar). J’ai beaucoup aimé ce texte écologique, certainement l’un de mes préférés du recueil avec Le Bris. Le Bris incarne ce que je préfère lorsque que je lis de la SF. Une planète, Summa, recouverte d’un gaz toxique appelé le Sum, avec juste quelques îlots au-dessus et sur le plus grand d’entre eux le reste d’une colonie humaine qui tente de survivre. Ce texte qui rend hommage aux mondes exotiques de la SF des années 60 et 70 est un pur moment d’évasion. Gros coup de cœur aussi pour La fin de l’hiver, une planète cylindrique où une colonie humaine est coincée. Enfin, parce que je ne vais pas vous résumer l’ensemble des textes (je suis bien trop paresseux et j’ai une PaL qui menace de s’effondrer et de m’engloutir ). Je parlerai juste du dernier texte, L’homme qui n’existait plus. Cette novella est un huis clos dans une station spatiale orbitale. Un homme est retenu prisonnier par une autre personne. L’ambiance oppressante et les aspects psychologiques liés à la détention, en font un texte sombre et déroutant qui tranche avec ce que j’ai pu lire de Laurent Genefort jusqu’à présent. Néanmoins, j’ai beaucoup aimé ce texte et je m’en souviendrai encore longtemps.

En conclusion Colonies donne à lire un bel aperçu du talent de Laurent Genefort qui ravira les fans et offre aux lecteurs qui voudrait découvrir cet auteur incontournable de la SF francophone une belle porte (de Vangk) d’entrée dans son univers. Je recommande chaudement.

Colonies, Laurent Genefort, Le Bélial’, Illustration de couverture absolument magnifique signée Manchu, 352 pages,2019, 20 euros.

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