Le sculpteur, Scott McCloud

Scott McCloud est un dessinateur et scénariste américain connu surtout pour ses essais en bande dessinée consacrés au 9ème art, c’est d’ailleurs avec l’Art invisible, que je l’ai découvert. Le sculpteur est paru une première fois en 2015 et a été réédité en 2018 dans une version enrichie d’un cahier graphique et d’un long entretien avec l’auteur.

L’histoire se déroule à New-York dans les années 80. David Smith est un sculpteur talentueux reconnu dans le milieu de l’art contemporain. Malheureusement, il n’arrive plus à créer et le manque d’inspiration le plonge dans une dépression. Un jour, alors qu’il dîne dans un restaurant, il rencontre son oncle Harry. Après une longue discussion, Harry propose à David de lui rendre sa créativité pendant 200 jours durant lesquels il pourra sculpter toute les œuvres qu’il souhaite. En échange, une fois cette période écoulée il devra mourir. Outre le fait que David sache très bien que l’oncle Harry est mort depuis plusieurs années, il accepte ce pacte faustien passé avec un fantôme. C’est dans ce contexte de folie créatrice qu’il rencontre Meg, une jeune comédienne dont il tombe rapidement amoureux.

Le sculpteur est œuvre monumental de presque 500 pages. L’histoire entre fantastique et onirisme rappelle certaines œuvres de Taniguchi ou de Haruki Murakami pour un pendant littéraire. Scott McCloud s’inspire autant du manga, de la BD franco-belge que des comics américains. Avec un découpage hyper maitrisé, il insuffle rythme et dynamisme à son récit. On se laisse rapidement embarquer dans l’histoire. Les couleurs tout en noir et bleu instaurent une atmosphère éthérée qui colle parfaitement au récit. J’ai trouvé qu’au niveau du dessin et du storytelling, c’était vraiment excellent. L’histoire est prenante malgré quelques passages un peu long. Scott McCloud en tant que théoricien de la BD est parfois un peu didactique, et on termine la lecture avec le sentiment d’avoir lu une BD peut-être un peu trop « cérébrale » et pas assez intuitive. Il reste, néanmoins, une réflexion intéressante sur l’art, l’isolement et la frustration des artistes en manquent d’inspiration. Le cahier graphique et l’entretien témoignent d’ailleurs du travail titanesque effectué.

Malgré des passages est peu lourd et confus, Le sculpteur est à découvrir pour ces planches magnifiques, pour la poésie et l’humour des plus beaux passages. Sans être le chef-d’œuvre annoncé , Scott McCloud signe ici une œuvre hautement recommandable. Et c’est déjà pas mal.

Scott McCloud, Le sculpteur, Rue de Sèvres, 496 pages, 2018, 25 euros

2 commentaires

  1. Ça me confirme… dans mon doute. >.<
    Le mythe de Faust ne me tente pas plus que ça et l'aspect "cérébral" est clairement ce qui me fait peur, surtout pour une BD aussi massive. Je sauterai peut-être le pas un jour, mais je crois que je vais passer à côté sans le prendre un bon nombre de fois avant. ^^

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